Il y a un instant, peu après avoir laissé derrière soi les dernières maisons de la Chora, où le bruit des hommes s’éteint et où ne subsiste que le vent. C’est alors que l’on comprend que Koufonissia ne cache pas ses secrets dans les rues, mais dans les sentiers qui les prolongent. Un réseau de chemins de terre, façonné par les pas des habitants bien avant l’arrivée de l’asphalte, relie la Chora aux recoins les plus isolés de l’île — et c’est le seul moyen de vraiment les découvrir.
Le chemin au-dessus de la falaise
L’itinéraire le plus connu part de la Chora et longe la côte est, la mer s’étendant sur votre droite dans des nuances qui changent tous les quelques mètres — du bleu profond au turquoise, puis à l’émeraude. Le sentier est étroit, en terre battue, entouré d’herbes sauvages et de buissons qui embaument le thym sous la chaleur de midi. Nul besoin d’équipement d’alpinisme : seulement de bonnes chaussures, de l’eau, et l’envie de marcher lentement.
Criques cachées et piscines naturelles
À mesure que vous avancez, le sentier vous révèle, comme un secret qui se dévoile peu à peu, de petites criques inaccessibles depuis la mer. Parmi elles, des formations rocheuses ont créé des piscines naturelles à l’eau si transparente que l’on distingue chaque galet du fond. À certains endroits, les vagues ont sculpté des passages et de petites grottes dans le calcaire — un spectacle qui rappelle que ce paysage a été façonné par des siècles de travail patient du vent et de l’eau.
La destination : la plage au bout du monde
Le sentier aboutit, après un parcours de plusieurs kilomètres, à l’une des plages les plus réputées des Petites Cyclades, au sable doré et aux eaux peu profondes évoquant une piscine naturelle. Là, les dunes parées de lys des sables confèrent au paysage un air presque exotique. Le sentiment de l’arrivée, après la marche sous le soleil, est en soi une récompense — comme si l’on découvrait quelque chose que peu ont vu.
Le réseau de sentiers vers l’ouest
Moins fréquentés, les sentiers du côté ouest de l’île mènent à des côtes plus abritées et tranquilles. Ici, le rythme change ; le paysage devient plus sauvage, avec une végétation basse et des rochers qui plongent abruptement dans la mer. C’est un parcours idéal pour la fin d’après-midi, lorsque la lumière dorée allonge les ombres des rochers sur l’eau.
À Koufonissia, le chemin le plus court vers une plage passe toujours par un sentier.Ancienne expression marine des Petites Cyclades
Marcher en respectant la terre
Ces sentiers ne sont pas de simples itinéraires touristiques ; ce sont les mêmes traces qu’ont empruntées des générations d’habitants pour circuler entre pâturages, mouillages de pêche et maisons. En y marchant, vous devenez pour un instant partie de cette histoire. Emportez avec vous ce que vous avez apporté, restez sur les traces balisées et laissez le paysage tel que vous l’avez trouvé — intact, paisible, prêt à surprendre le prochain randonneur.
Koufonissia ne se révèle pas d’un seul regard depuis le port. Elle se dévoile pas à pas, à chaque tournant du sentier qui s’ouvre sur une nouvelle nuance de la mer Égée. Enfilez vos chaussures et laissez le chemin vous montrer la voie.
Informations utiles
- Partez tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la chaleur de midi.
- Portez des chaussures fermées et antidérapantes — le terrain est en terre battue et par endroits rocailleux.
- Emportez avec vous de l’eau en abondance, un chapeau et de la crème solaire, car l’ombre est rare sur le parcours.
- Suivez les sentiers existants sans en créer de nouveaux, afin de protéger la végétation naturelle.
- Ne laissez pas de déchets derrière vous — remportez-les en partant.
- Vérifiez les conditions météo avant de partir, car le vent peut souffler fort aux endroits exposés du sentier.