À quelques kilomètres seulement du rythme étincelant de Chora, Ano Mera garde vivante une tout autre facette de Mykonos. Ici, le temps semble s’écouler plus lentement, les ruelles ne s’encombrent pas de vitrines de mode mais embaument le pain frais et le café, et les habitants saluent le passant comme une vieille connaissance. Si Mykonos vous a été présentée comme l’île cosmopolite des vents, Ano Mera est l’instant où le vent retombe et où l’on entend de nouveau le silence de la mer Égée.
Un village hors du temps
Bâtie à l’intérieur des terres, loin de la mer, Ano Mera a conservé un mode de vie qui a presque disparu ailleurs sur l’île. Des maisons basses et chaulées, des ruelles étroites qui s’ouvrent soudain sur des cours parfumées de basilic et de géraniums, et un calme que seules les cloches ou l’aboiement d’un chien viennent troubler. En s’y promenant, on comprend ce qu’était Mykonos avant de devenir une marque internationale — une île de paysans, de bergers et de pêcheurs.
La place centrale et le goût de la tradition
Le cœur du village bat sur sa place centrale, ombragée par des platanes et bordée de tavernes traditionnelles. Habitants et voyageurs s’y installent côte à côte, partageant la même table autour de plats qui évoquent une autre époque : kopanisti, louza, tyropites préparées avec du fromage local, viande cuite lentement. On est loin de la Mykonos aux menus multilingues et aux cocktails spectaculaires : c’est ici la saveur d’une cuisine insulaire restée fidèle à ses racines.
Le monastère de la Panagia Tourliani
À quelques pas de la place se dresse le monastère de la Panagia Tourliani, l’un des monuments religieux les plus importants de Mykonos, dont l’histoire remonte au XVIe siècle. Le clocher en marbre finement ouvragé, l’iconostase aux sculptures sur bois et la collection d’art religieux abritée dans le petit musée du monastère offrent une véritable plongée dans la tradition spirituelle et artistique de l’île. La visite y est un moment de recueillement, si différent de l’animation des plages qu’il en paraît presque surréaliste.
Des arts et un artisanat qui résistent au temps
Ano Mera est également réputée pour sa tradition du tissage et de l’art populaire, avec des ateliers où fonctionnent encore de vieux métiers à tisser et où la broderie se transmet de génération en génération. En flânant dans les ruelles, vous croiserez de petits ateliers de céramique et de tissage qui perpétuent un héritage séculaire, loin de la production de masse qui domine les quartiers plus touristiques de l’île.
À Ano Mera, Mykonos retrouve son silence — et avec lui, sa mémoire.Vieux dicton des habitants de l’île
Pourquoi ce détour en vaut la peine
Si vous recherchez des vacances alliant l’esthétique cycladique à une expérience plus authentique, Ano Mera est l’antidote idéal à la frénésie de Chora. Un après-midi ici, un café sur la place et une promenade jusqu’au monastère suffisent à se rappeler pourquoi Mykonos demeure, avant tout, une île grecque aux racines profondes — avant d’être devenue une destination pour le monde entier.
Informations pratiques
- Ano Mera se trouve à environ 7 km de Chora de Mykonos, facilement accessible en voiture, en taxi ou en bus.
- Le monastère de la Panagia Tourliani est ouvert aux visiteurs la plupart des heures de la journée ; veillez à porter des vêtements couvrant les épaules et les genoux.
- La place centrale et ses tavernes sont idéales pour un repas tranquille, loin de l’affluence touristique.
- Privilégiez les heures matinales ou l’après-midi pour vous y promener, afin d’éviter la chaleur de midi en été.